La veille de Sainte Lucie, le Pôle Nord semblait retenir son souffle.
La nuit y était plus profonde qu’à l’ordinaire, douce et veloutée, comme si elle se préparait à accueillir quelque chose d’important.
Même le vent avait ralenti, laissant l’atelier dans un silence presque sacré.
Les lutins s’étaient rassemblés autour de la tablette, mais pour la première fois, ce n’était pas elle qui éclairait la pièce.
Une lueur plus subtile flottait dans l’air, une attente faite de calme et de douceur.
Rudolf observait le ciel, le museau légèrement scintillant.
— « Ce soir, la nuit s’élargit », dit-il doucement.
« Et demain, la lumière chantera. »
Pipette ne comprenait pas vraiment, mais elle ressentait quelque chose.
Une paix inhabituelle.
Un froid qui ne piquait plus, comme s’il attendait quelqu’un.
Groubelin consulta la Boussole Magique.
L’aiguille, au lieu de tourner comme à son habitude, se dressa délicatement vers le haut,
comme si elle cherchait une étoile précise.
Ludo, lui, avait remarqué un détail étrange.
Au bout de la table, une petite boîte en bois s’était ouverte toute seule.
À l’intérieur reposait une minuscule bougie, fine comme un fil de lumière.
— « On n’a pas mis ça là… si ? »
Pipette secoua la tête, fascinée.
— « Non… je crois que c’est un signe. »
Rudolf s’approcha, le regard profond.
— « Les humains d’un pays pas si loin d’ici s’apprêtent à marcher dans la nuit avec des couronnes de flammes.
Ils portent la lumière pour repousser l’ombre.
Et nous… nous allons devoir suivre cette lumière. »
Une onde de frisson parcourut les lutins.
Ils sentaient que quelque chose se préparait.
Pas un simple indice cette fois, mais une célébration entière, porteuse d’une magie différente.
Demain, le portail leur montrerait une fête qu’ils n’avaient jamais vue.
Une fête dédiée à la lumière dans la nuit la plus longue.
La nuit… où commence la magie.



















