Le lendemain, le vent venu du portail était plus fort encore.
Il tournait dans l’atelier comme un souffle capricieux, faisant vibrer les guirlandes, danser les rubans et frissonner les papiers d’emballage.
Pipette tenait la cagoule entre ses mains.
— « Tu crois qu’elle peut… calmer le vent ? »
Groubelin secoua doucement la tête :
— « Pas calmer. Accompagner.
Les humains ne se battent pas contre le vent.
Ils se couvrent, ils s’adaptent… ils avancent. »
Rudolf approcha et posa son museau dans l’ouverture de la cagoule.
Il inspira profondément, puis ferma les yeux, comme si une chaleur l’envahissait.
— « Oui… elle contient une douceur humaine. Une chaleur simple, mais stable.
Elle permet à celui qui la porte… de ne pas être effrayé par ce qu’il traverse. »
Pipette passa délicatement la cagoule au-dessus de sa tête.
Le tissu l’enveloppa d’un seul coup.
Elle poussa un petit « oh ! » surpris.
— « On dirait que je suis… dans un câlin ! »
Ludo éclata de rire.
— « Un câlin de tissu ! Les humains ont vraiment de bonnes idées ! »
Mais quelque chose de plus profond se produisit.
Quand Pipette rouvrit les yeux, elle comprit que les courants d’air ne la dérangeaient plus.
Ils glissaient autour d’elle, comme apprivoisés.
Rudolf prit une inspiration grave.
— « C’est le moment.
Le portail va s’ouvrir davantage.
Et pour la première fois… l’un de vous pourra traverser une partie du courant. »
Un silence parcourut tout l’atelier.
Groubelin murmura :
— « Le vent humain nous appelle… Peut-être qu’il sait quelque chose… à propos du bonnet disparu. »
Pipette posa une main sur la cagoule.
Elle avait peur.
Mais elle se sentait protégée.
Dans le souffle du vent, très faiblement, elle crut entendre une phrase…
« Viens… il y a encore de la lumière à découvrir. »



















